La réflexologie, une pratique ancestrale
Certaines traces de l’Histoire attribueraient l’origine des pratiques podo – réflexologiques aux Incas du Pérou, 12 000 ans avant JC. On dit qu’ils auraient transmis leur savoir aux Indiens d’Amérique du Nord, notamment les Cherokees en Caroline du Nord, lesquels pratiqueraient toujours auprès de leur tribu. Cependant, aucune trace écrite de cela ne subsiste aujourd’hui.
Les premières traces écrites de la pratique réflexologique ont été trouvées en Egypte Ancienne, à Saqqarah, 2500 à 2330 ans avant JC.
A Saqqarah, le tombeau d’Ankmahor, médecin égyptien, a mis à jour nombre de scènes médicales (découvertes en 1979) lui valant d’être appelé « le tombeau des médecins« . Parmi des scènes de soins dentaires, d’accouchements, d’embaumements, de pharmacologie, une représente les prémices de la réflexologie.
La scène du pictogramme représente quatre personnages : deux dispensant un massage aux pieds pour l’un et aux mains pour l’autre ; et deux recevant le massage.
Les hiéroglyphes au dessus du dessin confirme, par leur traduction qu’il s’agit bien là d’un acte « thérapeutique » : « Ne me faites pas mal », « je ferai en sorte que tu me remercies ».
L’empreinte orientale de la réflexologie
Il y a plus de 4000 ans, en Inde et en Chine, était pratiquée une forme de réflexologie plantaire puisque les praticiens (en acupuncture et moxibustion) exerçaient des pressions sur des points précis au niveau des pieds pour accompagner le travail des aiguilles, après avoir examiné les pieds en guise de bilan.
On en trouve trace, entre 1000 à 400 ans avant JC, dans ce qui est considéré comme le 1er livre de médecine chinoise, le “Nei Ching”, écrit par Huang Ti (aussi appelé l’Empereur Jaune).
Selon la tradition hindoue, les pieds de Vishnu représentent des éléments de l’univers.
Vishnu est l’un des 3 dieux de la grande trinité hindoue, il est considéré comme celui qui préserve l’univers et qui conserve l’harmonie au sein du corps. Les dessins gravés sur les pieds indiqueraient la correspondance entre la plante des pieds et les organes internes.
En Inde, puis dans nombre de pays asiatiques, le bouddhisme apporte aussi quelques éclairages à l’histoire de la réflexologie.
En effet, les pieds de Bouddha représenteraient les 108 symboles pouvant représenter les 108 points vitaux en médecine ayurvédique, dont certains emplacements coïncident avec des zones réflexes de la réflexologie actuelle.
Des textes rapportent aussi que le Dr Wang Wei (1097) pratiquait de fortes pressions avec ses pouces au niveau de la plante des pieds de ses patients pour les soigner, en complément des aiguilles.
Ce type de traitement restera inconnu en Occident jusqu’à ce qu’un médecin hollandais, Ten Thyne, publie en 1883 un traité sur l’acupuncture chinoise.
L’évolution de la réflexologie depuis l’époque contemporaine
En Europe, au 16ème siècle
La réflexologie plantaire semble pratiquée depuis le 16ème siècle.
On rapporte que le sculpteur italien Cellini s’auto administrait de la podo réflexologie pour soulager ses propres maux.
C’est à partir de là que la thérapie des zones réflexes fut conceptualisée pour la 1ère fois par les Docteurs Adamus et Atatis en 1582.
Vite après, un médecin allemand du nom de Ball publia également un ouvrage à ce sujet.
En Europe, entre la fin du 19ème siècle et le début du 20ème
A Londres, les neurologues Sir Henry Head et Sir Mackensie développèrent en 1898 la théorie des zones de Head, démontrant un lien entre certaines zones de la peau et les organes internes. Ils établirent une cartographie.
Puis, en Allemagne, le Docteur Alfons Cornelius publia en 1902 le fruit de ses recherches sur les effets « thérapeutiques » du massage de points sensibles sur d’autres parties distantes du corps, ouvrage intitulé : “Points de pression, leur origine et signification“.
A la même époque, en 1911, un autre médecin allemand, le Dr Barczewski parle dans son livre de la technique de “massage réflexe” pour désigner la méthode par pression, introduisant ainsi le terme toujours utilisé.
En Amérique du Nord : un territoire fertile pour le développement de la réflexologie
C’est au Dr William Fitzgerald, médecin ORL américain que l’on doit la réflexologie moderne contemporaine.
Après avoir exercé dans des hôpitaux de Londres et de Vienne où il a découvert les travaux sur la digipuncture du Dr Harry Bond Bressler, il poursuit ses recherches et remarque qu’en exerçant une pression constante, régulière et suffisante sur une zone un peu charnue du corps tels que la main ou le pied, on peut soulager un autre partie du corps douloureuse voire l’anesthésier.
Il élabore à partir de là, la thérapie des zones en 1915, selon laquelle le corps humain est divisé en 10 zones longitudinales partant d’un des orteils, remontant le long du corps jusqu’à la tête. 5 zones sont reliées au côté gauche du corps et 5 au côté droit, séparées par une ligne médiane au centre du corps.
Le Dr Edwin Bowers observa les travaux du Dr Fitzgerald, étudia avec lui, et convaincu de l’efficacité de la thérapie des zones, écrivit plusieurs articles qui installèrent la réflexologie dans le paysage américain.
Par la suite, le Dr Joseph Shelby Riley étudia les travaux de Fitzgerald. Il les appliqua pendant plus de 40 ans dans son cabinet médical.
Il put établir des « diagrammes » de localisations de points réflexes sur les pieds et les mains, définir 8 zones supplémentaires du corps dans le sens horizontal et créa la technique du crochet pour atteindre par une pression plus puissante les points les plus profonds.
Il publia en 1919 son premier livre intitulé : « zone therapy simplified ».
Mme Eunice INGHAM, Physiothérapeute, assistante du Dr Fitzgerald et élève du Dr Riley, participa aux recherches de ces derniers et s’intéressa plus particulièrement, dès les années 30, aux cartographies établies par le Dr Fitzgerald et, après des recherches, elle put, de manière empirique, établir une cartographie des pieds très précise qu’elle détaillera dans 2 ouvrages publiés en 1938 et 1951.
Elle travailla sur des milliers de pieds, ce qui lui permit de découvrir que l’alternance de pressions sur les pieds a un effet stimulant sur le corps, et de développer la théorie des cristaux (toxines encombrant les zones réflexes).
Elle consacra quarante ans de sa vie à cette pratique et à son enseignement, notamment en créant l’institut international de Réflexologie à Saint Peterburg (Floride, USA).
Mme Ingham est aujourd’hui reconnue comme « la mère de la réflexologie moderne ». Elle a démocratisé cette pratique auprès du grand public et a largement contribué à sa reconnaissance internationale.
Sans enfant, elle a transmis son savoir à son neveu Dwight Byers, qui fut aussi son 1er cobaye et qui la rejoint dès 1950 pour l’épauler dans les enseignements.
Il devient directeur de l’école créée par Mme Ingham en 1973, et poursuivra son œuvre jusqu’au bout.
En 2014, c’est sa fille, Gail, qui reprendra le flambeau de la présidence de l’institut international de réflexologie, alors que son petit fils James Pederson, continue d’enseigner la méthode Ingham.
La réflexologie en Europe et en France de nos jours
L’arrivée en Europe de la réflexologie telle que pratiquée et enseignée par Mme INGHAM est le fruit du travail de Doreen BAYLEY, infirmière anglaise, dans les années 1960.
Élève de Mme Ingham, elle lui permit d’installer son approche en Angleterre puis en Europe. Mme Bayley a également créé sa propre école en Angleterre en 1973.
En Allemagne, dès 1967, c’est Mme Hanne MARQUARDT, également infirmière, qui installa la réflexologie dans le paysage allemand et notamment à l’hôpital, après avoir été formée par Mme Ingham.
Elle a également fondé 15 écoles de réflexologie en Allemagne et en Europe.
Par la suite, en France, la reconnaissance et le développement de la réflexologie sont organisés par 3 réflexologues dans les années 90.
Mireille Meunier, réflexologue allemande ; Betsy Shands, réflexologue venue des États Unis et Élodie Magnus, réflexologue anglaise créent ensemble en 1998 la Fédération Française des Réflexologues, reconnue aujourd’hui comme l’organisation professionnelle la plus représentative du métier de Réflexologue.